Un après-midi très collaboratif

Cette journée internationale des droits des femmes vécue dans les salons de la mairie de Bordeaux fut particulièrement enthousiasmante. Toute l’après-midi se sont succédées des rencontres avec des femmes qui entreprennent, des femmes qui repoussent certaines limites en suivant un cap résolument audacieux.


La société bouge : les nouveaux modèles de ressources partagées.

Le thème de la première rencontre de l’après-midi a réuni beaucoup de monde dans la salle du Conseil Municipal. Le consultant et fondateur de Etsionsengageait.org, Emmanuel Matt a pu donner les clés de compréhension d’un monde en mouvement, celui du partage et de la nouvelle économie collaborative. Une économie qui ouvre de nouveaux champs et crée de nouveaux écosystèmes à l’instar du pari lancé par Laura Choisy et son projet « Co-home ». Les gens partagent de plus en plus nombreux leurs logements, leurs déplacements, leurs compétences. Qu’ils soient fédérés par des plateformes importantes comme Uber, Blablacar ou Airbnb ou portés par de petites structures émergentes, les frontières de l’économie traditionnelle sont perturbées par ce que d’aucuns, appellent l’économie de fonctionnalité.

> Retrouvez l’interview de Laura Choisy <
> Retrouvez l’interview d’Emmanuel Matt <

Juliette Langlais représentait Airbnb, une structure de 25 personnes en France qui ne possède pas de chambres ni de logement mais qui donne des suées froides aux hôteliers. Au delà de chiffres qui impressionnent, Juliette Langlais a pu raconter son parcours atypique qui l’a mené de Paris à Bruxelles. Un parcours qui lui a fait doucement prendre conscience qu’une économie différente existait et qui l’a mené à passer plus de 11 entretiens par Skype avant de se voir proposé un poste chez Airbnb.

Laura Choisy, moins de 30 ans, partage un constat avec un certain nombre d’indépendants : la solitude pèse sur le quotidien. Avec son associée développeuse, elle s’est lancée dans une drôle d’aventure entrepreneuriale. Un pari lancé sur la place publique : « indépendants, et si vous partagiez votre salon avec d’autres indépendants ? ». Ce projet co-home incarne bien selon le spécialiste du collaboratif Emmanuel Matt, la recherche de lie et de partage dans une société de plus en plus désincarnée.


Travailler dans l’économie sociale et solidaire, une opportunité pour les femmes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à Bordeaux, il y a des « femmes qui se bougent ». Il y a des réseaux importants qui font avancer les choses. Cette deuxième rencontre de l’après-midi autour du collaboratif s’est organisée à l’initiative de L connect et en collaboration avec Anabase, ATIS, les apprentis d’Auteuil, le CSLD, Bordeaux mécènes solidaires et Bordeaux Aquitaine Pionnières.

Plusieurs « talkeuses » sont venues témoigner de leurs parcours et des raisons qui les ont poussées à franchir le cap de l’économie sociale et solidaire. Des réseaux qui forment, qui accompagnent la reconversion professionnelle, qui crée du lien entre les femmes. Des réseaux solidaires qui redonnent confiance pour amorcer des virages dans des parcours professionnels.

Qu’on se le dise, ces nouvelles pratiques envahissent nos vies quotidiennes et les femmes y ont une place importante.