Julia Mouzon, forte tête

À 31 ans, Julia Mouzon accompagne les femmes dans le monde politique où les codes sont encore très masculins. Rencontre avec une néo-bordelaise qui a lâché la haute administration pour créer sa start-up, Femmes et pouvoir.

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L’École normale supérieure, Polytechnique, Direction du Trésor : une voie royale pour son entrée dans la vie active… que Julia Mouzon va abandonner néanmoins après avoir constaté que quelque chose ne tourne pas rond dans le monde des institutions et de la politique. « À l’époque, il y avait 18% de femmes à l’Assemblée nationale et 21% au Sénat. En tant que citoyenne, j’étais choquée que les décisions qui nous impactent toutes et tous ne soient prises que par des hommes ». On est en 2012 et la jeune femme décide de prendre le taureau par les cornes en créant sa propre structure: « Femmes et pouvoir ». « Quand on avance, on lève des freins, des stéréotypes, des plafonds de verre, des déterminismes sociaux, on prend le pouvoir sur sa vie. C’est le contraire de la résignation » explique-t-elle.

La jeune parisienne qui n’a jamais ambitionné d’être une femme politique, choisit ainsi d’aider les élues à conquérir ce fameux pouvoir. « Les élues étaient très seules, très isolées, avec un gros turn over et beaucoup de désarroi » dit-elle. La méthode de Julia pour accompagner ces femmes politiques passe notamment par des formations où elles apprennent à décrypter les codes, les gestes, les réseaux de leurs homologues masculins. En parallèle, sa société – une SAS de six salariés – organise tous les ans les Journées Nationales des Femmes Élues. Julia entend y réunir en novembre prochain un millier de femmes. Elle vient d’ailleurs de lancer un site web pour accompagner les élues dans leurs questionnements quotidien : elueslocales.fr.

C’est depuis Bordeaux où elle est installée depuis deux ans que Julia Mouzon mène cette nouvelle barque, toujours animée par ses convictions profondes en matière d’égalité. « L’humain dans la société de demain, c’est un individu au clair avec ses forces et ses faiblesses ». Et si les femmes avaient déjà un temps d’avance ?