Peggy Halna du Fretay, un regard singulier

peggyPhotographe bordelaise, Peggy Halna du Fretay a intégré l’équipe de France des Abilympics*. Face à l’objectif, elle est dénudée. Cheveux tombant sur les épaules, visage impassible, poitrine rebondie, sans fard. Un mélange d’érotisme et de défi. Pourtant, lorsqu’on rencontre Peggy Halna du Fretay, on est très loin de cette femme fatale, presque provocatrice. Immédiatement, Peggy vous enveloppe de son attention chaleureuse et déchiffre sur vos lèvres les prémices d’un dialogue qui s’instaure.

Tout au long de sa vie, elle s’est battue… pour s’accepter d’abord, puis pour que les autres l’acceptent ensuite ; « Vous voyez, explique-t-elle, de son timbre singulier, si nous nous levons en même temps et traversons ensemble cette pièce, tous les regards vont se poser sur moi, curieux certainement, gênés sûrement,  dérangés parfois ». Devenue photographe il y a seulement 8 ans, Peggy, qui travaille à l’argentique comme au numérique, veut montrer que la féminité va au-delà du handicap : « J’ai une différence physique, mais je ne me vois pas comme telle ».

Une vie bien remplie, deux enfants et un job qu’elle aime, elle a « tout prouvé » mais veut se battre encore pour les autres. C’est la mission qu’elle s’est donnée en participant aux prochains Abilympics (sponsorisée par Lectra) : « Au début, j’étais plutôt réticente, je n’avais pas envie de me replonger encore dans le handicap ». C’est finalement l’équipe et son projet qui l’ont conquise. Pour l’heure, Peggy continue ses autoportraits lumineux et son travail auprès de jeunes enfants auxquels elle enseigne l’auto- portrait, version Pop Art.

* Championnat du monde des métiers pour personne en situation de handicap, à Bordeaux les 25 et 26 mars.