« Rouge », quand la toile et la rue se nourrissent mutuellement

Éclectisme
Lorsqu’elle se définit, « Rouge », qui ne livre pas son prénom, commence par ce qu’elle n’est pas : « J’ai des amitiés dans le street art mais pas la même base culturelle, je ne suis pas issue du graffiti, je ne suis pas une performeuse. » Si elle confie bien une passion pour l’espace public, l’art de rue, le muralisme, elle réalise « des fresques murales sans pochoir, qui ne peuvent donc être répétées : des créations uniques, in situ». Ses références sont d’ailleurs aussi éclectiques que pointues: Axel Weid ou Borondo pour la culture graffiti, Gordon Matta- Clark ou Francis Alÿs « pour leur contenu théorique », et les maîtres de la Renaissance, la peinture classique – Géricault notamment.

rouge

Mystère
Une question brûlante : pourquoi « Rouge » ? « C’est le nom que, petite, je donnais à mon alter ego imaginaire, et comme artiste, je voulais un nom commun, français, asexué. Ceci dit, le rouge est une couleur que j’utilise très peu, par touches, comme un signe ». Dans son mystère, elle concède toutefois être d’origine allemande, avoir vécu dans le nord-est de la France, suivi une Fac d’art visuel à Strasbourg puis les Beauxarts à Bordeaux, dont elle sort diplômée avec les félicitations du jury en 2014, « sur un travail de performances et d’installations vidéo »… Or, face B de ses créations urbaines souvent réalisées la nuit, le jour, c’est à la peinture à l’huile, figurative, qu’elle s’adonne corps et âme dans le silence de son atelier.

« Axé sur le genre, la précarité et l’espace public, et inspiré par des gens proches, ou des physiques singuliers, d’abord pris en photo », le travail de « Rouge » a notamment été exposé aux Vivres de l’Art et à l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux, mais aussi à Saint-Nazaire, à Paris, et à l’«East-West Art Festival» à New Delhi en Inde.