Sandrine Revel, un regard tendre mais acerbe

C’est avec une grande fierté que Sandrine Revel est allée chercher le prix Artemisia 2016 au festival de la bande dessinée à Angoulême, pour son biopic « Glenn Gould, une vie à contretemps » (Dargaud).

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Un énorme travail de 20 ans, fruit d’une passion pour la vie de ce musicien. «Il fallait être à la hauteur de ce monument» déclare Sandrine Revel. Une femme couronnée, donc, mais par un prix dédié aux femmes bédéistes. « Il est encore difficile de se faire une place dans ce monde très masculin » reconnaît celle qui devient une inspiration pour nombre de jeunes bédéistes qui se réfèrent à son engagement pour l’égalité des sexes. Un engagement qu’elle porte également à travers ses albums. Le prochain, « Je suis top ! », parle de liberté des femmes, d’égalité et de parité en retraçant la vie de Catherine dans le monde de l’entreprise. Un regard tendre mais acerbe et sans concessions porté sur les rouages de notre société.

Avec des dessins bien réfléchis et revus, son univers part au delà d’elle même. C’est pour elle, un état nécessaire : « je dois dessiner dans un état de quasi hypnose, exactement comme dans une bulle suivant des projections qui ne me viennent que dans cet état second», explique t-elle. C’est après les Beaux-Arts, à Bordeaux, qu’elle publie sa première BD, « Jouvence la bordelaise » qui sera suivie de « Bla bla bla! »aux Éditions Le Cycliste en 1998 et d’Un drôle d’ange gardien avec Denis-Pierre Filippi aux éditions Delcourt, récompensé par un Alph-Art en 2001… Des albums qu’elle réalise en parallèle de son activité d’illustratrice dans la presse, et ses passions pour le piano et la littérature.