#JNDA2017 : Culture(s), une puissance douce (extraits)

Retour sur la table ronde avec :
Suzanne Diop, co-dirige la maison d’édition Présence Africaine
Azama Effilochée, artiste plasticienne
Patricia Houéfa Grange, poète et traductrice littéraire
Rachel Khan, comédienne et auteure, en charge de la communication de Causette
Elizabeth Tchoungui, journaliste TV pour Numéro 23 et sur France Ô, auteure

Paroles d’Elizabeth Tchoungui
– J’ai choisi le journalisme par goût de la liberté, et l’écriture littéraire pour exprimer ma « rage ». J’aime briser des tabous, comme dans mes récents écrits érotiques.
– Je porte un double engagement, pour les femmes et pour la diversité…J’ai compris dès le début de mon parcours professionnel que j’allais devoir me battre 3 fois plus qu’un(e) autre.
– J’ai poursuivi un « rêve » : présenter une émission culturelle du soir à la télé, ce qui est devenu réalité sur France 2. Mais erreur : je ne cultivais pas mon carnet d’adresses. Mon conseil : cultivez vos « réseaux » ; visez haut…à hauteur de vos rêves.

Paroles de Rachel Kahn
– Ce qui m’intéresse, c’est la diversité des personnes et des horizons qui se croisent. En cela, la diaspora est une mine ! La culture aussi.
– Je suis « née dans un livre », mon père ayant rencontré ma mère dans la librairie qu’elle tenait. Écrire un roman était donc « la moindre des choses ». Écrire me permet de revendiquer en m’amusant, sans me fondre dans aucune forme de pouvoir ou de schéma extérieurs.
– Je me rêvais danseuse étoile, on me conseillait plutôt le hip-hop… j’ai pris ma « revanche » en pratiquant l’athlétisme à haut niveau. Mais je suis aussi comédienne. Et auteure. Il ne faut pas reculer devant les barrières. Sautez !

Paroles d’Azama Effilochée
-La résilience n’a pas d’âge. C’est un bout de tissu trouvé par hasard et que j’ai travaillé en l’effilochant qui m’a permis de m’éloigner du néant et de faire passer la lumière dans ma vie. Pour être libre, j’ai d’abord fait des études ; les bouts de tissu m’ont suivi dans des boîtes, jusqu’à ce que je commence à montrer mon travail sur les « effilochés » il y a 3 ans : une sortie dans le monde.

Paroles de Patricia Houéfa Grange
– Des professeurs de lettres m’ont encouragée à écrire. Puis j’ai voulu donner une voix à mes textes : je suis devenue « diseuse », accompagnée de sons et musique : un espace de liberté.
– La traduction est venue à moi petit à petit, une autre voie vers la littérature – que l’on me déconseillait. Mais j’y ai trouvé ma place. Je crois au métissage politique et artistique : nous avons tous des identités multiples.

Paroles de Suzanne Diop
– La mythique revue Présence Africaine, a été fondée par Alloune Diop en 1947, avec le soutien de Sartre, de Camus, de Leiris… Elle offrait pour la première fois une vraie tribune aux intellectuels du monde noir, et c’est toujours le cas aujourd’hui. La maison d’édition éponyme que je co-dirige (créée 2 ans plus tard), a publié des romans devenus des classiques, dont l’œuvre de Césaire.
– Je me considère comme une modeste « passeuse », qui aide à perpétuer la présence africaine en France et en-dehors du continent. La culture est une respiration.

« Mutabilité, adaptabilité : nous, femmes, savons aisément nous conformer aux règles et aux normes. Mais notre idéal est de créer nos propres modèles, nos propres codes, ouvrir nos propres fenêtres sur le monde. La culture est le champ le plus vaste et le plus libre pour laisser parler cette énergie. C’est aussi l’espace le plus ouvert aux métissages de tous ordres. »
C’est en substance ce qu’ont  martelé les 5 intervenantes de cette table-ronde.

Les portraits des différentes intervenantes
#JNDA2017 : Paroles de femmes de la diaspora