#JNDA2017 : Développement économique, l’audace d’entreprendre (extraits)

Retour sur la table ronde avec :
Samia Brahimi, consultante et ingénieur
Hasnaâ Ferreira, chocolatière multi-primée (Bordeaux)
Salima Haddour, directrice générale d’Hopscotch Africa (conseil en communication)
Noura Moulali, créatrice de OuiExpat, appli collaborative d’intégration
Françoise Remarck-Le Guennou, directrice de la communication du groupe CFAO.

Paroles de Samia Brahimi
– Mon cabinet de conseil en nouvelles technologies (Paris/Alger), qui s’occupe de grands comptes, a fait partie des pionniers. En Algérie, dépassée par la demande, j’ai réalisé qu’il faut toujours travailler avec d’autres (« une seule main n’applaudit pas » dit un dicton algérien).
– Les femmes sont multi-potentielles, en Afrique notamment (énergiques, volontaires, passionnées). C’est aussi un risque de dispersion, qu’il faut canaliser.

Paroles de Noura Moulali
– Un voyage de reconnaissance au Maroc, où je n’ai pas réussi à rencontrer les « bonnes personnes », a inspiré mon projet d’application numérique, OuiExpat, pour mettre en contact expats et futurs expats (partage d’information, notamment entre femmes « accompagnatrices », une problématique récurrente pour les épouses, souvent contraintes à rester femmes au foyer). À cette fin, j’ai intégré l’incubateur Bordeaux Aquitaine pionnières : l’audace est essentielle, l’accompagnement est primordial.

Paroles de Hasnaâ Ferreira
– J’ai tenté la bijouterie, et d’autre domaines, mais sans conviction réelle. C’est ma passion pour le chocolat qui a pris le dessus. Mon constat : en tant que femme, il faut prouver dix fois plus sa légitimité, par le travail, l’excellence.

Paroles de Françoise Remarck-Le Guennou
– J’ai vécu 2 diasporas : en quittant une belle carrière parisienne pour retourner en Côte d’Ivoire (où j‘ai fait mon chemin jusqu’à la tête de l’antenne locale de Canal + ) pour élever mes futurs enfants avec une « vraie » qualité de vie… puis en revenant à Paris.
– Mon premier modèle d’entreprenariat était ma grand-mère africaine… qui a élevé 12 enfants grâce à son activité de vendeuse sur les marchés.
– En Afrique, les femmes qui visent une grande carrière sont très aidées par leur entourage pour concilier vie personnelle et professionnelle. C’est un réel atout.
-Dans l’entreprenariat au féminin, une qualité très féminine joue un rôle moteur essentiel : le sens de la transmission.

Paroles de Salima Haddour
– J’ai une double culture totalement assumée : c’est une formidable richesse dans le monde de l’entreprenariat, il est important d’en prendre pleinement conscience.
– Les femmes répondent davantage à la passion qu’à l’ambition pour se hisser en haut de l’échelle. Au sein d’Hopscotch Africa, je suis aujourd’hui une ingénieure des Ponts et chaussées qui fait de la communication, ce qui souvent étonne…mais finalement, à ma façon, je construis des ponts !

Un point commun à ces 5 femmes : elles ont « franchi le pas », en enjambant leurs frustrations. Bien que diplômées de grandes écoles, elles ont su écouter leurs penchants, leurs goûts, leurs envies, leurs dons, pour en faire le socle de leur vie professionnelle : bien souvent le cœur a guidé la raison, le vécu (enfance, famille, rencontres) a dicté le projet.Cette faculté à décloisonner, à nourrir leur vie personnelle de leur travail et vice-versa, est devenue leur force. À la manière d’Hasnaâ, restée femme et mère dans son trajet d’excellence comme chocolatière…n’hésitant pas à allaiter son bébé pendant la pause, sous le regard ahuri de l’entourage. Un verbe les résume toutes : oser.

Les portraits des différentes intervenantes
#JNDA2017 : Paroles de femmes de la diaspora